Câncer de pulmão, um pouco incompreendido

Plus de quatre Français sur dix jugent que les personnes qui souffrent d’un cancer du poumon sont « responsables de leur mal »… Six sur dix estiment également que ces patients sont souvent culpabilisés par la société. Les médecins ont, quant à eux, tendance à considérer que leurs patients sont bien plus souvent stigmatisés que cela. Ces résultats, présentés à la presse aujourd’hui, proviennent d’une enquête « en regards croisés »* qui a porté sur 6 001 Français adultes et de 437 médecins interrogés en mars 2019.

Avec plus de 33 000 décès et plus de 46 000 nouveaux cas en 2018 en França (selon les chiffres de l’INCA), le cancer du poumon représente la première cause de mortalité par cancer chez les hommes et la deuxième chez les femmes. Chez ces dernières, il est en constante progression depuis 1980, ce qui est évidemment lié à la consommation tabagique. Et pourtant, les médecins interrogés (généralistes, pneumologues et oncologues) ont été frappés par la grande méconnaissance des Français sur le sujet. Ils admettent d’ailleurs avoir tendance à surévaluer le niveau de connaissance de la population.

Certes, cette localisation effraye – les Français la classent au deuxième rang des cancers qui font le plus peur, derrière celui du cerveau, mais devant celui du pancréas – et la maladie est perçue comme grave pour 61 % d’entre eux. Mais les personnes interrogées ont une connaissance très relative de ses symptômes ou même de ses facteurs de risques… Seule une sur deux est capable d’en citer un autre que le tabac (il s’agit notamment de l’amiante, des gaz d’échappement des moteurs diesel, du radon, d’hydrocarbures polycycliques aromatiques et de certains rayonnements ionisants).

Diagnostic tardif

Les symptômes les plus fréquemment décrits combinent des problèmes respiratoires (toux, difficultés à respirer, bronchites chroniques) et une altération inexpliquée de l’état général, tels qu’une perte d’appétit ou un état de fatigue inhabituel. Ces manifestations étant non spécifiques et tardives, le diagnostic est en général posé alors que la maladie est déjà avancée, voire très avancée, ce qui a un impact direct sur le pronostic. Le taux de survie à 5 ans n’est que de 16 %, mais il varie considérablement en fonction du degré d’avancée (stade) de la maladie au moment de sa prise en charge. Un tiers des Français le croient inférieur à 10 % au-delà de ce laps de temps.

Côté traitement, la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie ont été pendant longtemps les seules armes disponibles. Mais un nouveau type de traitement est apparu, il y a moins de dix ans, pour les cancers bronchiques non à petites cellules (les CBNPC, qui représentent près de 85 % des cas) : ce sont les thérapies ciblées, ainsi appelées, car elles vont bloquer un mécanisme de croissance propre aux cellules cancéreuses, à la différence des chimiothérapies classiques qui agissent sur toutes les cellules qui se divisent. Mais seuls 15 % des patients peuvent en bénéficier, car la tumeur doit présenter certaines mutations génétiques particulières. On comprend bien, dans ces conditions, le pessimisme des Français, dont la moitié ignore l’existence de centres spécialisés dans la prise en charge de cette maladie.

* Travail mené par le laboratoire biopharmaceutique AstraZeneca, en partenariat avec l’Institut Ipsos.

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